Comprendre la bio impression en trois questions

par Lucie Lascot et Maxime Laurent

Et si vous pouviez imprimer une cellule ou un muscle en 3D ? C’est ce que fait Nicolas Germain avec Mélanie Dhayer via la bio-impression à l’Institut pour la Recherche sur le Cancer de Lille (IRCL). Une méthode qui peut paraître complexe, mais qui pourrait permettre de grandes avancées dans le traitement de certains cancers. Le Crabe vous explique comment ce procédé fonctionne.

Le Crabe : La Bio-impression, qu’est ce que c’est ?

Nicolas Germain : C’est une technique de fabrication qui permet de modéliser et de reconstruire des tissus vivants de manière fine. Concrètement, tous les tissus du corps peuvent être reconstitués de cette manière, comme la moelle, le muscle, ou l’épiderme.

Pourquoi Bio-imprimer ?

Nicolas Germain : Ici, on bio-imprime des tissus pour mener des études. Dans ce cas précis, il s’agit de tissus cancéreux : des cellules de moelle osseuse leucémiques. On étudie ensuite la résistance de celles-ci aux traitements contre le cancer. On menait déjà ce genre d’études dans des boîtes de culture, mais la modélisation des cellules était moins fine, moins précise. Les cellules adhéraient au plastique donc elles étaient moins résistantes.

La bio-impression est aussi un moyen de s’affranchir des expériences menées sur les animaux. La technique est innovante et elle a plein d’autres utilités. Par exemple, dans le cadre de cancer du sein, elle permet de reconstruire les tissus mammaires et d’éviter les cas de rejet.

Comment ça marche ?

Nicolas Germain : Bio-imprimer des tissus, c’est comme utiliser une imprimante 3D classique. Sauf qu’au lieu d’utiliser un filament de plastique, on fait usage d’une bio-encre, c’est-à-dire d’un liquide dans lequel des cellules vivantes sont incrustées. La tête de la machine imprime ensuite en fonction de ce que lui a ordonné l’ordinateur. Ça demande beaucoup de préparation et de tests pour arriver au résultat souhaité.

En quelques étapes, voici ce que ça donne :

  • On prélève les cellules dans boite contenant une préparation au sein de laquelle des micro-organismes peuvent se multiplier.
  • On injecte environ 10 millions de cellules par millilitre de bio-encre.
  • Une fois que les cellules sont bien réparties dans la bio-encre, on place celle-ci dans l’imprimante. C’est un peu comme des cartouches d’encre que l’on mettrait dans une imprimante classique.
  • On règle les paramètres : pression, vitesse, chaleur.
  • Et on laisse l’imprimante faire le reste : elle effectue seule le calibrage et l’impression.

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