Tristan Girgin Doctorant en 3ème année au laboratoire du centre de recherche en cancérologie de Lille (CRCLille), équipe PancResT Bâtiment Oncolille, sous la direction d’Isabelle VAN SEUNINGHEN , nous présente son sujet de thèse de recherche sur le cancer du pancréas cofinancé par l’IRCL et la région Hauts-de-France
L’adénocarcinome du pancréas (ADCP) est l’un des cancers les plus mortels au monde à ce jour, avec un taux de survie à 5 ans inférieur à 11%. Seuls 10 à 20 % des patients peuvent subir une chirurgie de leur cancer, tandis que la grande majorité se voit proposer des traitements palliatifs à base de chimiothérapies peu efficaces, mal tolérés et rapidement contournés par des mécanismes de résistance tumorale. De ce fait, l’ADCP reste un désert thérapeutique pour lequel il nécessaire de développer de nouvelles approches thérapeutiques efficaces. D’autre part la résistance aux traitements observée est favorisée par les propriétés biologiques et biomécaniques spécifiques de l’ADCP : d’une part les cellules cancéreuses surexpriment à leur surface des mucines qui sont des espèces de parapluie anti-thérapeutique empêchant les drogues d’arriver à leur destination et d’autre part des cellules de soutien de la tumeur participent à rendre la tumeur plus rigide et à inactiver le système immunitaire. Au sein de la famille des mucines, MUC4 est un marqueur précoce de l’ADCP. Nous avons montré qu’elle est une actrice majeure de la progression de l’ADCP en générant des signaux reçus par des récepteurs qui se rassemblent autour de MUC4 et induisent une réponse des cellules cancéreuses en faveur de l’agressivité tumorale et de la résistance aux traitements, en plus de constituer une barrière physique anti-thérapies. Nos travaux sur le ciblage de MUC4 par une petite molécule en combinaison avec une drogue qui cible les récepteurs montrent que nous pouvons re-sensibiliser les cellules tumorales pancréatiques aux thérapies ciblées, grâce à la séparation physique de MUC4 et des récepteurs et à une meilleure diffusion de la drogue. Ces travaux établissent une preuve de concept inédite : cibler MUC4 pour permettre l’efficacité des thérapies ciblées. Cette future combi-thérapie représente un réel espoir pour le traitement du cancer du pancréas qui reste à ce jour en échec thérapeutique.
Tous nos remerciements vont à l’ensemble des donateurs et mécènes de l’IRCL qui ont pu permettre le financement de cette bourse de thèse.