Le comité scientifique de l’IRCL s’est récemment réuni afin de sélectionner 3 projets de thèses financés sur 3 ans.
L’IRCL vous dévoile le troisième projet de thèse attribué à l’équipe de Nicolas BLANCHEMAIN, chercheur – Laboratoire U1008 INSERM / Faculté de médecine, Pôle recherche pour Lucie DEMILLY, Doctorante à l’Université de Lille
Le cancer du sein touche 1 femme sur 8 dans le monde. Le traitement chirurgical qui consiste à retirer tout ou partie du sein reste fréquent. Une fois la maladie traitée, beaucoup de patientes envisagent une reconstruction mammaire, pour retrouver une silhouette avec laquelle elles se sentent mieux au quotidien. Aujourd’hui, plusieurs solutions existent. La reconstruction peut se faire avec un implant, avec des tissus prélevés sur une autre partie du corps, ou par injection de graisse. Ces approches peuvent être très efficaces, mais elles ne conviennent pas à toutes les patientes. Elles peuvent aussi demander plusieurs interventions, et le résultat peut varier d’une personne à l’autre. C’est pourquoi il existe un besoin important de nouvelles méthodes de reconstruction, naturelles, plus simples, plus fiables et mieux adaptées à chaque situation.
Ce projet de thèse s’inscrit dans cette démarche. Il s’appuie sur l’ingénierie tissulaire, un domaine de recherche qui vise à réparer ou reconstruire des tissus en utilisant des matériaux compatibles avec le corps et, lorsque c’est utile, des cellules. L’objectif est de concevoir une structure en trois dimensions qui puisse accueillir des cellules et favoriser la formation d’un tissu graisseux, un composant essentiel pour obtenir une reconstruction plus naturelle.
La solution étudiée repose sur la mise au point d’un hydrogel injectable. Il s’agit d’un matériau très riche en eau, mimant par certains aspects la consistance des tissus mous. Cet hydrogel sera fabriqué à partir de deux substances d’origine naturelle, le chitosan et l’acide hyaluronique. L’idée est d’obtenir un gel capable de former un support stable, tout en restant bien toléré par l’organisme, afin de maintenir les cellules vivantes, les organiser et leur permettre de se développer dans de bonnes conditions.
Pour développer et évaluer ce nouvel hydrogel, la thèse se déroulera en plusieurs étapes. Dans un premier temps, le gel sera mis au point sans cellules afin de définir rigoureusement les paramètres de fabrication, d’obtenir les propriétés mécaniques et la tolérance biologique attendues. Dans un second temps, des cellules graisseuses associées ou non à des éléments favorisant leur développement, seront ajoutés, puis testés au laboratoire et lors d’études précliniques. À terme, l’objectif est d’aboutir à deux versions complémentaires, une version sans cellules et une version associée à des cellules graisseuses, pour ouvrir la voie à de nouvelles options de reconstruction mammaire après ablation du sein. À terme, ce travail pourrait transformer les options de reconstruction après cancer du sein, en proposant une solution plus simple, plus personnalisée et plus proche du tissu naturel.
L’IRCL remercie chaleureusement l’ensemble de ses donateurs, mécènes et associations partenaires qui ont pu permettre le financement de ce projet sur 3 ans cofinancé par la Région Hauts-de-France.
Un grand merci à tous !