Le comité scientifique de l’IRCL s’est récemment réuni afin de sélectionner 3 projets de thèses financés sur 3 ans.
L’IRCL vous dévoile le deuxième projet de thèse attribué à l’équipe de Marie-Hélène David, chercheuse à l’INSERM – Laboratoire U1366 INSERM / UMR9020 CNRS – CRCLille installé dans le bâtiment Oncolille, pour Marine Andrique, Doctorante à l’Université de Lille.
Si le cancer reste la première cause de mortalité en France, de nombreux progrès ont été réalisés, en particulier depuis le développement de thérapies ciblées. Pour pouvoir en proposer de nouvelles, il est nécessaire d’identifier la bonne protéine cible pour un cancer donné. Nous travaillons sur l’une de ces protéines « oncogènes » surexprimée dans de nombreuses leucémies et des tumeurs solides (glioblastomes, ovaire métastatique, colon, pancréas, prostate…), associée à la dérégulation de différentes fonctions oncogéniques majeures (mort cellulaire, métastase, différenciation, maintenance du caractère souche, chimiorésistance…) et nous développons des inhibiteurs contre cet oncogène. Le gène permettant l’expression de l’oncogène a la particularité l’exprimer deux ARNm : l’un codant la protéine oncogène, l’autre codant normalement une protéine plus courte à cause de la présence d’un codon de terminaison prématuré. Ces ARN présentant des codons de terminaison prématurée sont dégradés dans la cellule par un système biologique de contrôle qualité des ARNm encore trop peu étudié : le système de dégradation des ARNm médiée par les non-sens (NMD), impliqué dans de nombreuses maladies génétiques humaines mais aussi dans le cancer.
Dans certains modèles de cancer, cette protéine oncogène n’agit pas seule mais fonctionne avec des co-facteurs dont l’un d’eux est identifié comme un activateur clé du processus oncogénique. L’ARNm codant possiblement la protéine tronquée a conservé la séquence d’expression du domaine d’interaction au co-facteur. L’expression avérée de cette protéine tronquée permettrait ainsi de séquestrer le co-facteur pour l’empêcher d’agir avec l’oncogène cible.
En collaboration avec le Dr Fabrice LEJEUNE, spécialiste reconnu de l’étude du NMD qui a identifié des molécules inhibitrices, nous évaluerons ces inhibiteurs dans un but thérapeutique dans le cadre de notre cible oncogénique.
Les objectifs de ce projet sont ainsi (1) de comprendre les conséquences de la présence de la forme tronquée de l’oncogène sur le développement tumoral et (2) le rôle de la NMD dans ce contexte et dans différents modèles de cancers pour ensuite (3) détourner le système NMD en l’inhibant de manière à permettre la production de la protéine tronquée qui capterait ainsi le co-facteur et empêcherait ainsi l’oncogène d’agir dans les cellules cancéreuses.
L’IRCL remercie chaleureusement l’ensemble de ses donateurs, mécènes et associations partenaires qui ont pu permettre le financement de ce projet sur 3 ans financé à 50% par la Région Hauts-de-France.
Un grand merci à tous !