
L’IRCL, par sa politique de soutien à la recherche sur le cancer dans les Hauts-de-France, vient d’attribuer 3 bourses de thèse cofinancées par la Région Hauts-de-France, d’une durée de 3 ans pour 3 étudiants localisés au Centre de Recherche en Cancerologie de Lille (CRCLille) Institut Oncolille.
Ci-dessous le détail des 3 projets :
1) Thèse sur le Cancer du foie :
Ce projet de thèse est réalisé par Lucie HANQUET au sein du laboratoire CRCLille, Institut ONCOLille, dans l’équipe SenFib (« Sénescence, Fibrose et Cancer »), dirigée par la Professeure Christelle CAUFFIEZ.
Elle est menée sous la direction des Professeurs Michael PERRAIS et Nicolas POTTIER.
Le laboratoire CRCLille, Institut ONCOLille est situé à Lille, dans les Hauts-de-France.
La fibrose hépatique est une maladie caractérisée par une accumulation excessive de tissu cicatriciel dans le foie. Elle peut évoluer vers une cirrhose puis un cancer du foie, appelé carcinome hépatocellulaire. Les traitements disponibles restent limités, d’où la nécessité d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques.
Les travaux de ce laboratoire ont mis en évidence une augmentation de l’expression de DNM3OS, un ARN long non codant impliqué dans la régulation de l’activité cellulaire, au cours de la fibrose hépatique. Ce projet vise à mieux comprendre son rôle dans la maladie et à évaluer l’intérêt de son inhibition.
Pour cela, le laboratoire utilisera une approche appelée GapmeR, qui permet de cibler spécifiquement l’ARN DNM3OS et d’entraîner sa dégradation. Cette stratégie sera étudiée dans des modèles cellulaires et chez la souris, afin d’évaluer ses effets sur la fibrose hépatique et sur la progression vers le cancer du foie.
À terme, ce projet pourrait contribuer au développement de nouvelles stratégies thérapeutiques pour limiter la progression des maladies chroniques du foie vers un cancer.
2) Thèse sur le cancer colorectal :
Ce projet de thèse est réalisé par Elisa CORNU, au sein de l’équipe « Sénescence, Fibrose et Cancer » dirigée par le Professeure Christelle CAUFFIEZ, sous la direction du Professeure Vanessa DEHENNAUT, au laboratoire CRCLille, Institut ONCOLille.
Le cancer colorectal reste un défi majeur : face à la chimiothérapie, certaines cellules tumorales échappent à la mort en entrant dans un état de sénescence, une forme d’arrêt durable de la division cellulaire, comparable à une « hibernation ». Mais cet état n’est pas toujours définitif : certaines cellules peuvent en sortir et reprendre leur prolifération, contribuant ainsi à la reprise de la croissance tumorale et aux récidives.
Cette équipe a identifié une piste prometteuse : la O-GlcNAcylation, une modification chimique qui régule le fonctionnement de nombreuses protéines et dont le niveau dépend de l’enzyme OGT. Son niveau chute lorsque les cellules tumorales entrent en sénescence, puis remonte lorsqu’elles en sortent.
Ce projet de thèse vise à déterminer si le ciblage de ce mécanisme peut renforcer l’efficacité du FOLFIRI, une chimiothérapie utilisée contre le cancer colorectal qui vise à détruire les cellules cancéreuses en bloquant leur multiplication. Pour cela, nous utiliserons des tumoroïdes (des mini-tumeurs en trois dimensions dérivées de biopsies de patients), afin de tester si l’inhibition de l’OGT, combinée au protocole FOLFIRI, permet de limiter le réveil des cellules tumorales sénescentes et de favoriser leur mort.
3) Thèse sur le cancer du sein :
Ce projet de thèse est réalisé par Pierrick VANPEPERSTRAETE, Université de Lille – CRCLille : Institut ONCOLille, INSERM 1366 – CNRS9020 – équipe plasticité- Institut Oncolille, 1 Bvd du Pr Jules Leclercq, 59000 Lille. Directeur de thèse : Pr Robert Alain TOILLON (CRCLille) – co-directrice : Pr Caroline MYSIORECK (LBHE, Lens).
Ce projet vise à mieux combattre le cancer du sein triple négatif, une forme particulièrement agressive qui a la douloureuse particularité de former fréquemment des métastases dans le cerveau.
Aujourd’hui, les médecins manquent de traitements ciblés pour empêcher cette complication grave. Au cours de son Master 2, Pierrick a identifié une protéine qui s’active fortement à la suite d’un signal donné par deux récepteurs de la cellule cancéreuse. Cette protéine semble agir comme un « chef d’orchestre » qui aide les cellules malades à s’échapper, à traverser la barrière protectrice du cerveau et à s’y développer. L’objectif de sa thèse est de bloquer cette protéine en laboratoire pour vérifier si cela permet de stopper la formation de ces métastases cérébrales.
À terme, cette découverte scientifique majeure pourrait ouvrir la voie à la création d’un nouveau médicament ciblé capable de bloquer la progression de la maladie et d’offrir un meilleur espoir de guérison aux patients.
Tous nos remerciements vont à l’ensemble des donateurs et mécènes de l’IRCL, dont le soutien a rendu possible le financement de ces bourses de thèse.