Le cancer

Première cause de mortalité en France, les cancers se développent à partir de cellules anormales qui ont perdu tout contrôle de la multiplication cellulaire et qui à terme envahissent les organes et le corps entier. De nouveaux traitements sont apparus et améliorent la prise en charge des patients, mais seulement un cancer sur deux est actuellement guéri. La recherche sur le cancer, seule source du progrès, doit être poursuivie et soutenue.

Origine des cancers

Un cancer ne résulte jamais d’une cause unique, mais de divers facteurs :

  • Facteurs internes propres au patient (âge, hérédité)

 

  • Facteurs externes liés à l’environnement (soleil, radiations, virus, produits industriels) ou au mode de vie (tabac, alcool, alimentation…).

Les agressions externes  vont altérer l’ADN qui compose nos gènes, induire des mutations ou des pertes et réarrangements de matériel génétique. Les cellules disposent de systèmes de réparation qui vont corriger ces altérations de l’ADN. Lorsqu’une cellule présente des altérations trop importantes, elle ne peut pas effectuer toutes les réparations et un système de sécurité déclenche son autodestruction par apoptose. C’est seulement si ces systèmes ne fonctionnent pas que la cellule continuera à se multiplier en reproduisant des anomalies dans ses gènes. Si ces anomalies touchent des gènes importants dans le contrôle de la prolifération cellulaire, la cellule peut devenir cancéreuse et conduire à la formation d’une tumeur. Le plus souvent l’accumulation de plusieurs altérations génétiques acquises au cours du temps est nécessaire pour conduire à la cancérisation.

La fréquence des cancers augmente avec l’âge, du fait du cumul des agressions externes et d’une diminution d’efficacité des  systèmes de réparation de l’ADN ainsi que probablement des défenses immunitaires antitumorales. Le hasard des erreurs de réplication de l’ADN des cellules en perpétuel renouvellement (tissus sanguins et épithéliaux) joue également un rôle important.

Chiffres clés 

Le nombre de nouveaux cas de cancers (incidence) en France est estimé à 400 000 et le nombre de décès (mortalité) à 150 000 en 2017. Les cancers les plus fréquents sont ceux de la prostate, du sein, du colon-rectum et du poumon.

Le nombre total « brut » de cancers et de nouveaux décès par cancer augmente du fait de l’augmentation considérable du nombre de personnes âgées. Si on corrige les données brutes pour tenir compte de cet effet, on observe depuis quelques années une tendance à la baisse des taux standardisés d’incidence et de mortalité par cancer chez l’homme et du taux de mortalité chez la femme. La baisse de taux de mortalité tous cancers confondus est observée de manière plus marquée chez l’homme que chez la femme. Ceci s’explique en partie par une baisse importante des cancers de mauvais pronostic (cancers de l’œsophage, estomac, voies aérodigestives supérieures) en lien direct avec la diminution de la consommation alcoolo-tabagique mais aussi par un diagnostic plus précoce, par la prévention et par les progrès de la recherche.

Il existe cependant des disparités régionales fortes d’incidence et de mortalité par cancer. Une incidence des cancers nettement supérieure à la moyenne contribue à faire des Hauts de France la région qui affiche l’espérance de vie la plus basse de toute la France métropolitaine. La mortalité par cancer du poumon et des voies aérodigestives y est la plus élevée en France.

Traitement des cancers

Le traitement des cancers a reposé depuis 70 ans sur le triptyque chirurgie – radiothérapie – chimiothérapie. Il connait depuis une quinzaine d’années une révolution avec la mise en place d’une médecine de précision, adaptée aux caractéristiques spécifiques de la tumeur du patient. Les progrès de la recherche ont permis de mieux comprendre les mécanismes en jeu dans le développement des cancers, d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques et de mettre au point de nouveaux médicaments capables :

  • De cibler des anomalies moléculaires spécifiques présentées par les cellules cancéreuses du patient, touchant principalement des récepteurs et des voies de signalisation responsables de la prolifération cellulaire.

 

  • D’agir sur l’environnement de la tumeur, notamment en empêchant la formation des vaisseaux sanguins qui nourrissent les tumeurs et sont nécessaires à leur croissance.

 

  • De lever les freins à la réponse immunitaire anticancéreuse, ce qui permet aux lymphocytes T (tueurs) du patient d’être réactivés et de détruire les cellules tumorales.

Les thérapies ciblées ont permis dans quelques cas emblématiques, comme celui de la leucémie myéloïde chronique, d’obtenir des rémissions très prolongées, voire une quasi-guérison. Dans la plupart des autres cas, la rémission est de durée limitée et les tumeurs finissent par devenir résistantes au traitement. Ces thérapies offrent au patient une durée de vie prolongée et de meilleure qualité, faisant du cancer une maladie chronique. Les thérapies les plus récentes, ciblant les freins à la réponse immunitaire ont montré des résultats remarquables dans certains cancers, même au stade métastatique, et offre l’espoir de rémissions très prolongées dans ces cancers. Elles sont en plein développement.

Avec les traitements actuels, un cancer sur deux est guéri. Pour améliorer ces résultats, il est indispensable de poursuivre et d’amplifier l’effort de recherche, seule source de progrès des traitements.

 

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