Des chercheurs qui trouvent

La dormance tumorale :

La dormance tumorale est un phénomène ou des cellules tumorales sont présentes chez un individu mais où il n’y a pas de croissance tumorale. C’est typiquement le cas chez les patients en rémission complète d’un cancer. Par définition, ces patients ont toutes les caractéristiques de la « guérison ». Les différents examens sont normaux. Ce qui n’empêche pas qu’une proportion importante de patients rechute après cette période de rémission, parfois plusieurs dizaines d’années après le diagnostic et le traitement de l’affection néoplasique initiale. Ceci démontre bien que les patients gardent une population de cellules tumorales dormantes après traitement, ce que l’on appelle la maladie résiduelle. Ce phénomène pose un problème essentiel en cancérologie : beaucoup de décès surviennent non pas du fait de l’évolution initiale de la tumeur (cancer inopérable par exemple) mais du fait de rechutes, très difficiles à traiter. Par exemple, on estime actuellement que 80 % des décès liés à des cancers du sein surviennent plus de cinq ans après le diagnostic initial.

Notre équipe s’intéresse à la dormance tumorale dans le cadre particulier des hémopathies malignes, notamment les leucémies aigues. Ces pathologies sont traitées quasi-exclusivement par chimiothérapie et éventuellement allogreffe de cellules souches hématopoïétiques. Les taux d’obtention de rémission complète après chimiothérapie dite d’induction sont en général élevés, supérieur à 70-80%. Toutefois la survie à long-terme (au-delà de 5 à 10 ans) est chez l’adulte inférieure à 30%, voire beaucoup moins chez les plus de 60 ans. La mortalité est donc liée majoritairement aux rechutes. Une amélioration du pronostic passe donc par :

  • Une meilleure compréhension des mécanismes permettant à ces cellules leucémiques dormantes de persister
  • L’élaboration d’outils utilisables en routine permettant de détecter l’évolution de la maladie résiduelle chez les patients en rémission complète
  • La mise au point de tests permettant de prédire l’évolution des leucémies aigues, et notamment le risque de rechute
  • La mise au point de nouvelles stratégies thérapeutiques ciblant les cellules leucémiques dormantes.

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ChercheurBQ

L’équipe du Professeur Bruno QUESNEL, une des rares au monde à s’intéresser à ce domaine explore grâce au soutien de l’IRCL le problème de la dormance dans le cadre particulier des leucémies aigües.

 

Elle a pu ainsi démontrer :

  • que le nombre de cellules dormantes reste stable dans le temps et s’adapte pour survivre au système immunitaire de l’hôte.
  • Valider l’utilisation du séquençage du génome des cellules tumorales. Les mutations observées permettent des décisions thérapeutiques.
  • Prédire la résistance aux traitements et identifier des nouveaux mécanismes de résistance
  • Identifier grâce à des modèles expérimentaux des molécules qui permettent aux cellules dormantes l’immuno-évasion.

L’intérêt étant de mettre au point des médicaments ciblant ces molécules immuno-régulatrices.

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